nov 27

Panneaux Métrobus : la pub de plus en plus polémique…

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Vus dans le métro, ces derniers jours des panneaux LCD pris pour cible des anti-pub.

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Le phénomène des anti-pub n’est pas nouveau et a tendance à s’amplifier et à s’élargir, si l’on en juge une des dernières études parues sur le sujet (étude TNS Sofres publiée à l’occasion des Phénix de l’UDA – Observatoire des moyens de communication 22/03/2010). Voici un extrait que je partage auprès de mes étudiants pour planter le décor et expliquer le contexte, qui me semble approprié, par rapport à ces nouvelles réactions et manifestations récentes.

Par rapport à 2007, le camp des publiphobes a gagné cinq points: 42%, alors que celui des publiphiles, lui, tombe à 33% (–5%). Quant aux « indifférents », ils sont aujourd’hui 24%. «Plus on est instruit et aisé, moins on a envie de publicité», regrette Vincent Leclabart (président de l’agence Australie), qui publie chaque année une étude sur les Français et la publicité.

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Face à cette surexposition à la communication, les consommateurs auraient construit une sorte de «bulle» privée qu’ils admettent de moins en moins de voir envahie. «Les gens ont tendance à rejeter la publicité sur ces nouveaux supports, car ils ont la sensation d’un trop plein, mais il n’y a pas de rejet franc et massif», constate Pierre Gomy, de TNS Sofres. “Mais quand elle apparaît comme une solution pour bénéficier d’un service, l’attitude des gens change. Les annonceurs et les agences doivent proposer une communication dont la forme soit acceptable par les gens.» Nicolas Bordas.

Or, ici le problème n’est pas simplement l’invasion publicitaire, dont on pourrait comprendre une certaine « lassitude » face aux incitations nombreuses de personnes qui ont peut-être plus le même loisir à dépenser. Il s’agit de manifestations d’associations (collectif Danger-ecranpub) et de l’AFP concernant les mobiliers numériques installés dans le métro qui seraient « équipés de capteurs faciaux qui comptabilisent le nombre de personnes passant devant et leur temps d’exposition ».

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Métrobus, la régie régie publicitaire de la RATP (filiale de JCDecaux et Publicis) «dément fermement les propos et re-affirme que pas un seul de ses mobiliers numériques n’est équipé de capteurs faciaux ni d’un quelconque outil de mesure d’audience » et que l’entreprise n’installera pas de capteurs faciaux dans les panneaux numériques «dans les années à venir», sans plus de précision.

«Nous nous engageons durant ces prochaines années à travailler avec les institutions (en charge de faire respecter les lois existantes ou en gestation et/ou décrets applicables en matière de process de dénombrements de contacts (exemple la CNIL) qui le souhaiteraient, pour qu’une métrologie respectueuse de l’anonymisation des données soit dans le futur envisageable » précise une des responsable de la régie.

Le caractère intrusif reproché met en cause le respect de la vie privée. Ces nouveaux outils de mesure appliqués ou applicables « dans les années à venir » révèlent encore qu’on monte d’un cran dans la société de la surveillance.

Pour ceux que le sujet intéresse et préoccupe, je vous invite à découvrir le livre de Jean Pierre Manhack, spécialiste de la question et le suivre sur @twitter.

Le porte-parole de Danger-ecranpub indique dans un communiqué que l’action « vise à dénoncer les dangers démocratiques, environnementaux et sociaux que représentent les nouveaux écrans publicitaires ». « Lorsqu’on leur explique que des caméras installées dans les panneaux nous analysent en temps réel et permettent de déterminer notre sexe ou notre âge pour mieux cibler les publicités diffusées, ils sont autant scandalisés que moi ».

Les antipub contestent les dispositifs de « mesure d’audience intégrée », les écrans LCD de Métrobus sont en effet capables de dénombrer les passants qui s’arrêtent devant la publicité et de voir où les regards se portent. «Les capteurs repèrent des formes de visages humains et identifient la position du visage par rapport à l’affichage. La seule chose qui est conservée, c’est un décompte, qui n’est absolument pas lié aux caractéristiques individuelles des passants. Personne n’a accès à des images.» précise Laurent Collot, expert technique.

De son côté, Métrobus nie tout dispositif de comptage ou de reconnaissance. Le «mobilier numérique installé dans le métro et le RER n’est pas équipé de capteurs faciaux. Il n’y aucun système de comptage ou de mesure d’audience à l’intérieur du mobilier. »

On est qu’au début de la polémique, à cela s’ajoute aujourd’hui les revendications d’ordre écologiste qui sensibilisent sur le fait qu’«un écran à cristaux liquides consomme 700 W environ (un besoin évalué à 1 000 W avec les connexions nécessaires) fonctionnant 7 000 heures par an (horaires d’ouverture du métro), la consommation atteint 7 000 kWh/an, l’équivalent de trois foyers français en moyenne (hors chauffage électrique) ».

La pub envahissante et dérangeante ? Les écologistes se mêlent aussi du sujet, à en croire une action récente, ayant eu lieu le 20 novembre dans le 18ème, où des militants d’Europe Ecologie Les Verts, avec la complicité des commerçants du quartier, ont masqué un panneau publicitaire.